Comment choisir une randonnée ? (Partie 2)


Quelle randonnée choisir ?

Rechercher des informations sur une randonnée ou un lieu où l’on souhaite randonner est de plus en plus simple en 2025, avec une multitude de sites spécialisés qui permettent de connaître chaque détail.

Deux scouts essayent de s’orienter à l’aide d’une carte.

Je constate depuis des années, que ce soit en discutant avec les gens en boutique de randonnée ou sur les chemins, que la plupart des gens ont encore beaucoup de difficultés à avoir une vue d’ensemble de leur randonnée.

La randonnée que l’on choisit ne doit pas être analysée de manière isolée, sans prendre en compte son environnement.

Concrètement, je conseille souvent aux gens de jongler entre différents outils afin d’avoir une vision plus globale et rapide de la randonnée qu’ils souhaitent entreprendre.

Rien de bien compliqué, tout le monde est capable de faire ces recherches en quelques clics. Cependant, avoir une vision d’ensemble et synthétiser les informations collectées reste parfois plus difficile pour certaines personnes.

Le premier élément est de connaître où vous souhaitez aller, donc où se situe la randonnée : Google maps (ou tout autre site disposant d’une carte globale) est très utile pour cela.

Google Maps (à gauche) est très intéressant pour une première idée d’un lieu à visiter. Waymarked Trails (à droite), permet de confirmer ou non la présence de sentiers. L’exemple ici est une petite randonnée près de Cherbourg (en Normandie, France) entre Omonville et Urville.

En quelques zooms et dézooms, on peut se faire une idée de l’environnement immédiat du lieu souhaité. Parfois, on connaît le nom de la randonnée ou du trek, et d’autres fois, c’est l’inverse : on veut randonner à un endroit précis, mais on a aucune idée s’il y existe des sentiers pour randonner.

Liste non exhaustive de questions que l’on peut se poser quand on recherche un lieu où randonner :

  • Comment accéder au site ? Combien de minutes, d’heures ou de jours faut-il pour arriver en voiture, en train voire en avion ?
  • Y a-t-il des villes proches de la randonnée (départ, arrivée ou tout au long du trajet) ?
  • Y a-t-il des cours d’eau ?
  • Y a-t-il des supermarchés ?
  • À quoi ressemble le relief à première vue ?
  • La randonnée semble-t-elle avoir des portions le long de routes ? Ou semble-t-elle composée uniquement de sentiers ?
  • Est-ce accessible en voiture ? Où est situé le parking pour le bus ou la voiture ?
  • Où commence la randonnée ? Où finit-elle ?
  • Y-a-t-il des vues panoramiques ?
  • Dans quelle province se trouve la randonnée ? Quel pays ?
  • La randonnée se trouve-t-elle au cœur d’un parc naturel ?
  • Quel est le climat où se trouve la randonnée ?
  • Quels sont les types d’environnements empruntés ? (forêts, champs, urbain ? etc.)
  • Est-ce qu’il y a une grande portion de routes bitumées ?
Il est toujours bon de se poser des questions sur sa prochaine randonnée.

On peut même calculer certaines choses, comme l’itinéraire en voiture entre la ville la plus proche du point de départ et le point d’arrivée, si différent du point de départ. Cela donne une idée d’une distance en kilomètres et du temps à parcourir si on est dans l’obligation d’arriver au point d’arrivée en voiture. Ne vous dites jamais que si par exemple, on vous donne une estimation de 2h31min pour aller d’un point A à un point B, vous allez mettre ce même temps à quelques minutes ou dizaines de minutes près pour faire la rando. Cette première information sur le temps de déplacement ou la distance doit juste vous donner une première indication de « s’il est indiqué 2h31, a priori cela semble logique que je ne fasse pas la randonnée en 8 heures », ou à l’inverse « en 30 minutes ».

Toujours le même exemple d’une rando entre Omonville et Urville, près de Cherbourg, en France. On peut avoir une première idée des distances en regardant l’échelle en bas de la carte ou en essayant de calculer l’itinéraire à pied ou en voiture. Cela donne une première indication, même si inexacte.

On peut aussi calculer l’itinéraire à pied, et cela nous donne une première idée de la distance et du temps de parcours entre le point A et le point B.

On s’entend qu’en aucun cas ces données doivent être prises comme fiables. C’est juste une estimation, et donne une information supplémentaire. Parfois ça n’est pas pertinent, mais parfois, grâce à ce clique supplémentaire, on peut avoir des précisions qui nous aide dans notre compréhension globale de notre randonnée/voyage.

Le deuxième point est d’en apprendre davantage sur les éléments qui entourent votre randonnée : cliquez sur les villes, les éléments culturels, les hôtels, ou tout autre point qui vous semble intéressant sur la carte afin d’en savoir plus sur la localité. Par exemple, si vous aimez visiter les châteaux et que vous souhaitez allier randonnée et visite culturelle, vous pouvez cliquer sur le château que vous voyez sur Google Maps et vérifier si vous pouvez le visiter pendant les heures où vous serez sur place. Cela pourrait inclure une randonnée de 3 heures jusqu’à la forteresse, suivie d’une pause/visite du château, puis d’un retour au point de départ après 3 heures de randonnée supplémentaires.

Exemple de site internet (ici, le site officiel d’un château sur l’île de Skye, en Écosse) qui propose de l’information sur les lieux à visiter en hiver.

Google Maps est vraiment un moyen visuel d’obtenir rapidement des informations sur le lieu où vous souhaitez randonner. L’absence d’information est, en soi, une information. Cela peut vous alerter sur le côté « reculé » de votre randonnée, sur sa difficulté d’accès. Selon vos critères de recherches, cela pourrait être la randonnée parfaite pour vous, si vous recherchez plus de tranquillité et souhaitez éviter les foules.

Si vous êtes curieux, rien ne vous empêche de cliquer sur les liens qui renvoient souvent aux sites officiels des différents éléments qui vous intéressent (musée, site historique, hôtel, restaurant, refuge, cascade, village, parc naturel, point de vue etc.) ou sur les simples photos qui vous donnent déjà une première idée de ce à quoi ressemble les lieux.

Vous pouvez aussi sur Google Maps (ou pleins d’autres sites) passer en mode vue satellite, ce qui peut donner rapidement des informations supplémentaires sur le type d’environnement, etc.

Le troisième élément est d’ouvrir un site qui propose une carte topographique. Si vous n’êtes pas sûr de la fiabilité du site ou si vous n’obtenez pas beaucoup d’information, n’hésitez pas à croiser vos sources et à consulter un deuxième, voire un troisième site, jusqu’à ce que vous soyez familiarisé avec votre site préféré. Et même quand vous aurez trouvé votre site favoris, vérifier si les cartes sont mises à jour peut être un bon réflexe.

Exemple de carte topographique avec le site mapy.cz, ici les sentiers du parc des Calanques de Cassis, en France.

La carte topographique permet plusieurs choses :

  • Voir rapidement si des sentiers semblent exister. Si cela est le cas, vous pouvez déjà, visuellement, essayer de trouver un sentier qui vous semble intéressant. S’il n’y en a pas, renseignez-vous, vous pouvez peut-être randonner hors sentier, ou bien dézoomez un peu la carte pour rechercher des endroits proches avec des sentiers.
  • Cela permet aussi de voir si des sentiers se rejoignent, ce qui pourrait vous permettre de faire un itinéraire plus long et plus varié, etc.
  • Avoir une première idée du dénivelé positif et négatif : il existe souvent un profil d’altitude. Regarder rapidement les courbes de niveau peut aussi vous donner cette information, même si cela peut être plus compliqué pour un débutant et pas si évident à estimer visuellement.
  • Confirmer la présence de cours d’eau ou de tout autre élément qui vous semble important.
La présence de cours d’eau ou potentiel point d’eau est un élément important à étudier grâce à la carte topographique, surtout lorsque l’on randonne dans des zones où l’eau peut manquer. Ici, l’exemple du massif du Garlaban près de Marseille, France. Les cours d’eau sont souvent asséchés en été.

Le quatrième élément est de faire des recherches sur les randonnées qui existent dans le coin, en utilisant les mots clés que vous apercevez sur Google Maps ou par exemple les noms des sentiers, s’il y en a, inscrits sur votre site cartographique etc. N’oubliez pas de re contextualiser votre recherche en cherchant à obtenir plus d’informations sur la faisabilité de votre randonnée à la période de l’année où vous souhaitez la faire.

Exemple de discussion sur les conditions de bivouac dans le parc du Mercantour sur le forum Camp to Camp.

Regardez s’il est possible de faire du camping sauvage pour les bivouacs ou longs treks, etc.

N’hésitez-pas à consulter les différents sites officiels du parc naturel où vous allez, de la ville ou de la province, ou encore les forums de randonnée, où l’on peut trouver des informations supplémentaires.

Le cinquième et dernier point, qui est essentiel, est de savoir comment estimer la difficulté d’une randonnée. Sans cela, il est quasiment impossible de prévoir un road trip avec plusieurs randos, ou un trek en autonomie. Je détaillerai ce cinquième élément dans le prochain article.

Les quatre premiers éléments permettent de choisir l’endroit où l’on va randonner, sans forcément avoir pris une décision quand au tracé exact du parcours.

Savoir estimer la difficulté d’une randonnée grâce à quelques données et à son expérience est la clé pour choisir plus facilement ses itinéraires.

Enfin, savoir choisir ses itinéraires et estimer la difficulté d’une randonnée ne signifie pas que l’on doit nécessairement tout planifier de A à Z. Chaque personne est différente : certains ont besoin de cela pour se sentir rassurés et partir sereins, tandis que d’autres préfèreront se contenter d’une vue d’ensemble du parcours, sans en connaître tous les détails, afin de laisser un peu de place à la découverte.

Campement sauvage avec levé du soleil.

Le plus important, une fois encore, est de prendre plaisir sur les sentiers ! La préparation d’un voyage joue un rôle majeur dans la satisfaction qu’il vous procurera, et pour cela, il faut écouter vos envies !


  • Photo 5 : armadalecastle.com
  • Photo 6 : mapy.cz
  • Photo 7 : waymarkedtrails.org
  • Photo 8 : camptocamp.org
  • Photo 9 : pexels.com /teemu-r

Laisser un commentaire

ARTICLES