Qu’est-ce qui différencie la promenade de la randonnée ?
La distinction entre promenade et randonnée n’est pas clairement définie.
Je définis la promenade comme « une balade d’une durée généralement comprise entre environ 20 minutes et 2 heures ». Elle ne nécessite aucun matériel particulier. Elle est souvent spontanée, dans le sens où elle ne nécessite aucune organisation, que ce soit pour le matériel à emporter ou pour la planification de l’excursion. Elle se fait donc souvent proche de l’endroit où l’on se trouve. Elle peut avoir lieu sur différents types de terrains : le classique trottoir des villes, un parc urbain, un champs autour de chez soi, un sentier proche de la maison en montagne ou en forêt.

Une balade sous-entend qu’il n’y a pas de difficulté majeure : elle n’est ni très longue ni trop exigeante, puisqu’elle n’implique aucun matériel spécifique.
Reste à définir ce qu’est une « difficulté majeure » : pour certaines personnes, marcher 2 heures dans un parc est un véritable accomplissement pour différentes raisons, comme des problèmes de motricité, des soucis de santé ou même un manque de motivation pour se promener etc. À l’inverse, certaines personnes qualifient aussi de « balade » une marche de 2 heures en moyenne montagne, avec 800m de dénivelé positif et 800m de dénivelé négatif, sur un terrain rocailleux et légèrement accidenté. Ce qui, pour d’autres, serait impensable et relèverait plutôt d’une « randonnée technique ».
C’est pour cela que le plus important en randonnée, que l’on débute ou que l’on ait 10, 20 ou 50 ans d’expériences, est de connaitre ses limites et de se fixer ses propres objectifs en fonction de ses capacités.
Certains pourraient justement me répondre : « Oui mais je ne connais pas mes limites puisque je n’ai jamais fait de randonnée mais je fais du sport donc ça devrait le faire ! ». Si vous avez peu ou pas d’expérience, commencez par le plus simple et le plus accessible : faites plusieurs marches d’une heure pour voir si cela vous plaît. Ensuite, explorez des lieux un peu plus éloignés, testez différents types de terrains, et trouvez le matériel qui vous convient le mieux. Vous pourrez alors tenter de passer une nuit sous tente en bivouac et, si cela vous plaît, envisager un trek, puis aller encore plus loin selon vos envies.
Découvrez la randonnée à votre rythme. Certains peuvent réaliser ces « étapes » en seulement quelques mois, voire semaines, et tout peut très bien se passer sans le moindre souci ! D’autres mettront plusieurs années. L’essentiel est de vous écouter et de définir ce que vous voulez accomplir, tout en respectant votre propre rythme.

La pratique régulière d’autres sports est généralement un gros plus pour ceux qui débutent en randonnée. En soit, il y a bien des activités plus difficiles à première vue que la randonnée : après tout, il suffit de marcher !
Pour ma part, la pratique du basket, du football et du trail running pendant des années m’a beaucoup aidé. Ces sports m’ont permis de développer un très bon cardio, tout comme les randonnées que je faisais enfant avec mon frère et mes parents. À partir de mes 18 ans, j’ai également eu un husky, Olaf, avec qui je passais des heures à marcher ou courir en forêt. Cette expérience m’a énormément aidé à travailler mes réflexes. En allant plus vite, il est nécessaire de réfléchir rapidement à l’endroit où poser ses pieds. Ajoutez à cela un « chien de traîneau » qui vous tire dans tous les sens, et vous obtenez l’entraînement parfait pour améliorer vos réflexes et adapter votre foulée à tout type de terrain, sans trop vous fatiguer. Idéal pour devenir un pro de la randonnée et du trail running !
Pour autant, malgré toutes ces expériences sportives et ce bon niveau physique, je ne me suis pas lancé immédiatement dans un grand trek. Ce sont ces années de pratiques variées, suivies de randonnées en forêt (petites et grandes), de bivouacs, puis de treks, qui m’ont permis de gagner en expérience, de connaître mes capacités et de cerner mes limites. J’ai l’âme d’un aventurier, c’est en moi. Après de nombreux bivouacs et longues randonnées à la journée, j’ai finalement décidé de me lancer dans un grand trek en autonomie, en solo (avec mon chien, bien sûr !) pendant plusieurs mois. J’étais prêt, je connaissais mes capacités et mes limites.
Pour résumer, écoutez-vous, c’est l’essentiel. Si vous doutez de vos capacités (ce qui est important pour éviter les mauvaises surprises) ou si vous êtes inquiet, demandez conseil, renseignez-vous et entrainez-vous ! C’est en essayant et en s’entrainant que vous apprendrez à connaître vos limites et vos possibilités.
Vous entendrez souvent des personnes affirmer qu’une randonnée est « facile » ou qu’une autre est « difficile ». Ces termes, cependant, ne signifient pas grand-chose, car vous êtes le seul/la seule à connaître vos capacités et vos limites. La personne qui vous dit cela agit avec de bonnes intentions : elle souhaite vous donner une idée de la difficulté que vous pourriez rencontrer.
Cependant, même si elle vous pose une ou deux questions rapides sur votre condition physique (le fameux « pour une personne en condition physique normale, ça se fait en 1h30 »), elle ne pourra pas connaître tous les détails importants de votre situation. Peut-être que vous avez subi trois opérations à la cheville droite, que vous ressentez des douleurs au genou sur terrain accidenté, que vous ne tolérez pas les fortes chaleurs en marchant, ou que votre vue baisse significativement dans la pénombre. Tous ces facteurs, pourtant essentiels, ne sont pas toujours pris en compte dans une évaluation générale de la difficulté.
Ce qui est « assez facile » pour l’un peut être « relativement difficile » pour un autre.

En randonnée, il est essentiel de se faire son propre avis et de ne pas dépendre uniquement de l’opinion d’une personne inconnue. Cela ne signifie pas que vous devez ignorer tous les conseils, bien au contraire. Chaque conseil peut être utile, mais il est crucial de développer une capacité d’analyse et de pondération des informations que vous recevez.
Certains indicateurs peuvent grandement vous aider à estimer la difficulté d’un itinéraire : le kilométrage, le dénivelé positif et négatif, le type de terrain, la météo, la température, le moment de la journée où vous randonnez, ainsi que les avis recueillis sur différents sites internet, entre autres. Ces éléments, combinés à votre propre ressenti, vous permettront d’évaluer au mieux ce qui vous attend.
Vous allez me dire : « OK, mais alors, quand commence-t-on à parler de randonnée plutôt que promenade ?
Comme je l’ai mentionné plus haut, les deux termes se chevauchent. On pourra toujours appeler une longue promenade une « petite rando » et vice-versa.
En soi, c’est un peu une question de vocabulaire. Mais ce n’est pas le plus important.
Dans l’ensemble, je me rends compte que j’appelle une excursion « randonnée » dès lors que j’emporte avec moi des éléments que je ne prendrais pas pour une simple promenade.
Ces éléments supplémentaires sont dans mon cas :
- un sac à dos (fait pour les activités outdoor)
- un téléphone bien chargé
- ma lampe frontale
- mon GPS de rando
- de l’eau supplémentaire et/ou un thermos
- des chaussures et vêtements appropriés
- un semblant de planification

Si au moins deux ou trois éléments sont là, alors je pense que ma promenade devient une « randonnée ».
Je n’accorde pas la même réflexion sur le matériel à emporter et sur la planification à toutes les randonnées.
Si c’est une courte randonnée, que je définis souvent comme durant 2 ou 3 heures maximum, je me contente de remplir mon sac en quelques minutes avec le matériel essentiel.
Plus la randonnée semble longue et/ou technique, plus je serai vigilant à ne rien oublier et à prendre des petits « extras » qui ajouteront du confort et de la sécurité à la rando. Cela implique souvent de faire son sac la veille et de charger les batteries des lampes frontales et du GPS, pour être sûr de ne rien oublier le lendemain. Ce qui arrive souvent quand on fait son sac à la dernière minute.
Si je pars pour 4 ou 5 heures de randonnée, je prends souvent un repas, alors que pour 2 ou 3 heures, je me contente généralement de quoi grignoter (fruit, barre de céréales etc.).
Je prends souvent un Powerbank (batterie de rechange) pour charger mon matériel électronique (GPS, lampe frontale, téléphone) si je pars pour plus de 3 heures.
Mes décisions sont grandement influencées par la technicité du parcours . Par technicité, j’entends : la difficulté du terrain et l’environnement global de la randonnée.
Si le terrain est technique, par exemple plus rocailleux et accidenté, avec davantage de dénivelé positif et négatif, je n’hésite pas à prendre mes bâtons de randonnée, même pour une petite rando de 2 heures.
Si je randonne dans un milieu accidenté (montagnard ou simplement technique) ou dans des conditions climatiques plus à risque (températures inférieures à 0°c ou à l’inverse très élevées, vent fort, fortes précipitations attendues etc.) où un accident peut avoir des conséquences plus incertaines (retour plus difficile en cas de blessure ou s’il fait noir, attente des secours, accès au réseau, risque d’hypothermie ou d’insolation, etc.), je suis alors encore plus prudent et prends un peu plus dans mon sac à dos, et ce, quelle que soit la durée de la randonnée. Cela peut inclure une paire de gants supplémentaires s’il fait froid et qu’il pleut ou neige, un baudrier d’escalade et une corde si un passage plus difficile se présente, ou encore mon réchaud de randonnée pour pouvoir me réchauffer rapidement ou faire bouillir de l’eau s’il fait froid, etc.
J’ai évoqué « une paire de chaussures adaptées » comme élément indispensable auquel je pense lorsque je pars en randonnée. Et encore une fois, c’est ce qui fait la différence entre la promenade et la randonnée : avoir de bonnes chaussures devient essentiel.
Cela étant dit, vous remarquerez que je ne précise pas quel type de chaussures : vous pouvez très bien randonner avec des chaussures basses, hautes ou moyennes, plus ou moins rigides, et avec plus ou moins d’amorti et de renforts. Cela dépend de votre expérience, de vos préférences et, bien sûr, du terrain sur lequel vous évoluez.
Ce qui est essentiel, quelle que soit la longueur de votre randonnée et sa difficulté, c’est d’avoir au moins une paire de chaussures qui vous conviennent, à la bonne taille, qui maintiennent bien votre pied et, surtout, avec une excellente accroche.

Dans mon cas personnel, j’opte la plupart du temps pour des chaussures de trail running, plus ou moins rigides selon la durée de la randonnée.
Je peux aussi emmener mes chaussures de trek pour des randonnées hivernales de seulement 3 heures avec un sac à dos plus chargé, pour différentes raisons (imperméabilité, hauteur de chaussure, meilleur support, etc.).
Il n’y a donc que très rarement un seul facteur qui déterminera quel élément vous prendrez. C’est un ensemble de conditions à analyser qui fera que vous choisirez tel ou tel élément.
En résumé, j’utilise le terme « randonnée » (petite ou grande) dès que je dépasse une certaine durée (environ 2 heures), si l’environnement dans lequel je marche est technique et que cela me pousse à prendre du matériel un peu plus spécifique et à effectuer une certaine planification, le tout variant selon le degré de ces éléments (durée, technicité, planification, matériel).
Maintenant qu’on a vu les différences et similitudes entre promenade et randonnée, intéressons-nous aux distinctions entre randonnée, bivouac et trek dans la partie 2.
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