Quelle différence entre randonnée, bivouac, et trek ?
On a vu dans la première partie qu’une randonnée peut se définir comme une longue promenade et implique que certaines parties se fassent sur des terrains plus techniques. Elle implique aussi un début de planification et un minimum d’équipement (sac à dos technique pour la demi-journée ou pour la journée, chaussures adéquates, vêtements adaptés etc).
Le bivouac c’est passer une nuit dans sa tente ou à la belle étoile. Généralement cela implique un minimum de matériel : tente, tarp et/ou hamac, matelas de randonnée, sac de couchage pour les essentiels.
Planter sa tente dans son jardin et y dormir une nuit n’est pas un bivouac, car le bivouac implique d’aller explorer un endroit dans la nature. On appellera plutôt cela une « nuit dans le jardin » ou « camper dans son jardin ».
Le bivouac implique que l’on ne dorme qu’une nuit au même endroit. Si l’on dort plusieurs nuits de suite au même endroit, on parle de camping sauvage.

En camping sauvage, on peut très bien laisser sa tente, son tarp, son hamac ou tout autre matériel de randonnée pour une durée indéterminée, et donc faire des excursions à la journée pour revenir à son campement quand bon nous semble. Le camping sauvage sous-entend souvent plus de matériel voire de comfort.
Un trek est une longue randonnée de plusieurs jours et plus d’une nuit, en tente et/ou refuge.

On parle aussi de grande randonnée (ou trek) pour les randonnées de plusieurs jours en autonomie.
Il y a donc deux principaux types de treks :
– les treks en refuge
– les treks en autonomie
– Les treks en refuge impliquent que vous passiez vos nuits dans un refuge. Ils apportent un certain confort (lit et repas sont souvent en option, possibilité de sécher ses affaires et de dormir au sec).
– Les treks en autonomie impliquent que vous dormiez en tente, tarp et/ou hamak, ou à la belle étoile sur un matelas gonflable.
Un trek en autonomie implique aussi que l’on porte sa propre nourriture, tandis qu’il est souvent possible de manger quelques repas en refuge ou parfois d’acheter des petits suppléments (barres céréales, boites de conserve etc). En réalité c’est rarement possible de porter toute sa nourriture lors de longs treks (supérieur à 10 jours). Vous ne pouvez pas porter votre nourriture pour 100 jours sur votre dos. Donc cela vous laisse plusieurs possibilités, qui peuvent être associées : faire le plein de vivres dans les supermarchés, épiceries locales et/ou se faire livrer des colis.
Pour résumer, autant le terme « bivouac » est assez simple à définir, autant le terme de « trek » est beaucoup plus complexe dès que l’on rentre dans le détail.
Quelle différence entre trek et backpacking ?
Le backpacking est une manière de voyager avec toutes ses affaires dans son sac à dos. Cela n’implique pas que vous dormiez dans un type particulier de logement, ou que vous passiez tout votre temps à randonner. C’est un anglicisme et on peut utiliser aussi le terme français « voyage en sac à dos », selon vos préférences.
Le backpacking est très populaire des adolescents qui souhaitent une première expérience seuls à l’étranger, où ils vont « errer » dans différentes villes et/ou pays afin de découvrir les cultures locales, les paysages, et ce en utilisant un ou différents moyens de se déplacer : avion, bateau, bus, marche, vélo, etc.

J’utilise parfois personnellement le terme « backpacking » quand je fais du trek, même si je fais bien la différence entre les deux.
Un terme parfois employé en France pour évoquer le trek est la grande randonnée. C’est un terme qui est utilisé par la Fédération Française de Randonnée pour désigner les très grands sentiers de randonnée qui traversent la France.
À l’échelle européenne, il existe aussi les chemins « E » pour « Européens » suivis d’un chiffre (par exemple « E1 », « E5 ») qui désignent les chemins de grande randonnée à l’intérieure de l’Europe et qui passe dans plusieurs pays.

Aux États-Unis, on utilise aussi très souvent les termes thru-hiker et thru-hiking pour désigner des randonneurs qui font de longs treks comme le Pacific Crest Trail, le John Muir Trail ou encore l’Appalachian Trail.
Un autre terme couramment utilisé est ultralight backpacking/ultralight backpackers. Ce terme désigne les randonneurs qui randonnent (très) légers, forts bien souvent de nombreuses années d’expérience et qui savent bien que chaque gramme compte en randonnée (tout au moins pour ceux dont l’objectif est de se déplacer sur de longues distances et à un rythme relativement soutenu). Ils sont donc toujours à l’affut des dernières sorties matos ultra légers et techniques afin de compléter leur panoplie de produits randos, puisque la randonnée est une grande partie de leur vie et qu’ils sont donc bien conscients que ces petits accessoires ou vêtements peuvent faire la différence, surtout quand on les utilise intensément tout au long de l’année.
Je synthétise volontairement de manière grossière et je rentrerai plus dans les détails sur le matériel dans de prochains articles. La randonnée est un loisir mais pratiquée sur une base régulière et/ou sur une longue durée (trek) et/ou avec un certain niveau de difficultés (terrain difficile, climat particulier, météo capricieuse, etc), elle peut être très aléatoire et dangereuse. Acheter le bon matériel peut (vraiment) vous sauvez la vie. Il n’est pas tant question de marque mais bien de choisir le produit adapté à votre pratique qui fera la différence au moment où vous en aurez le plus besoin ! Cela va de la simple paire de chaussette en laine mérino à la couverture de survie, en passant par le sifflet sur le sac à dos, etc.
Et l’alpinisme dans tout ca ?
La randonnée et l’alpinisme peuvent également se chevaucher.
L’alpinisme peut se définir comme une randonnée technique nécessitant un matériel spécifique et qui implique une ou plusieurs ascensions de sommets, principalement en haute montagne. Sans ce matériel, l’ascension n’est pas faisable (à moins de vouloir à tout pris mourir). On parle ici de chaussures d’alpinisme, très hautes et très rigides, avec des crampons semi-automatiques (donc qui peuvent se retirer). Un casque indispensable, des piolets « pics à glace » et autres broches à glace. Des cordes et baudriers d’escalade afin de progresser sur les parties les plus exposées/à risque sont indispensables.
Une expédition d’alpinisme implique des parties de randonnée, au début de l’ascension et il est donc souvent nécessaire de changer de matériel quand on passe sur la partie finale de la montée vers le sommet.

La via ferrata
La via ferrata est une partie d’une randonnée très technique, nécessitant la plupart du temps (et selon l’expérience et les préférences de chacun) un matériel supplémentaire : un casque, un baudrier d’escalade avec une corde et mousqueton spécialement concu pour pouvoir se clipser et déclipser facilement à une corde métalique fixée directement dans la roche et présente sur les portions les plus exposées de la voie. J’ajouterai à cela des chaussures adaptées, même si encore une fois, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Certains font des via ferrata en grosses chaussures de trek tandis que d’autres les font en chaussures 5 fingers. D’autres personnes font les via ferrata sans assurage et casque, n’utilisant que leurs mains et pieds pour progresser et se sécuriser. C’est déconseillé car on prend plus de risque, mais chacun est libre de ses choix. Je ne conseille bien sûr pas cela pour des débutants (et d’ailleurs je ne le conseille pas non plus personnellement pour des personnes expérimentées).

Pour aller plus loin :
Mon site internet se focalise principalement sur la randonnée et le trek, même si les notions adjacentes telles que l’alpinisme ou encore le trail running sont évoquées à de nombreuses reprises.
Il existe bien des manières de voyager.
On peut par exemple faire un trek à cheval. Nicolas Vanier relate son périple de 7000km à travers les Rocheuses, dont une partie faite à cheval, dans son livre C’est encore loin l’Alaska. Cela comporte tout un tas de contraintes différentes. Cela n’est pas plus simple ou plus difficile, juste différent.
Le bikepacking
Si vous êtes un passionné de vélo, et notamment de gravel bike, et un passionné de randonnée et trek, il est possible d’allier les deux et de partir à l’aventure avec son vélo. Le vélo supporte les différents sacs qui contiennent tout le matériel pour camper/subvenir à ses besoins pendant une certaine durée.

Le long distance run
Similaire à un trek mais en courant.
On peut parler de course à pied sur plusieurs jours en francais, mais le terme long distance run n’a pas vraiment d’équivalent.
C’est en gros du trail running (donc de la course sur sentier en français), pratiqué sur une longue distance, et impliquant que l’on parte plusieurs jours, en dormant en tente ou en refuge.

Pour conclure cet article, on se rend bien compte qu’il existe une multitude de termes plus ou moins distincts et plus ou moins définissables. Les mots sont importants pour décrire à quelqu’un ce que vous avez accompli, ou simplement pour que vous puissiez comprendre les différentes possibilités avant de faire vos recherches sur votre prochaine aventure.
Ils vous permettent d’identifier ce que vous connaissez et maitrisez. Ils vous aident à faire votre choix pour acheter le matériel approprié à votre activité, à ce que vous voulez faire pour votre prochain trip à court terme, moyen et long terme.
Le plus important, bien sûr, est le moment en lui-même. Ces aventures que vous avez réalisé, que vous réalisez et que vous réaliserez vous remplirons de nombreux souvenirs.
C’est donc comme ca que je peux définir la randonnée :
Une succession de souvenirs uniques, liés à une temporalité unique et à des endroits toujours plus différents les uns des autres, puisque nous sommes toujours en mouvement vers l’inconnu.
C’est un peu comme l’Art. Notre regard sur une oeuvre d’art évolue constamment tout au long de notre vie avec notre vécu, nos aspirations, et notre propre évolution, tant sur le plan physique que psychologique. Le lieu où l’on voit cette oeuvre d’art à un instant T, et avec qui ou dans quel contexte social et historique auront une influence unique sur notre vision de cette oeuvre d’art.
Randonner est un puit sans fin d’émotions et souvenirs, de nouvelles rencontres, de paysages constamment changeants. C’est l’appel de l’aventure, la découverte de l’inconnu, l’affirmation de soi, le respect de la Nature et des autres. C’est prendre conscience de ce qui nous entoure et de ce qui a de plus précieux pour notre survie à tous : notre Planète.
C’est ma vision de la randonnée. Vous pouvez très bien associer la randonnée simplement à un sport qui vous permet de rester en bonne santé. Ou encore à un exutoire face la monotonie et aux contraintes de votre quotidien.
Le plus important, c’est de passer du bon temps sur les sentiers !

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